La musique au musée Grobet-Labadié
Un ensemble restreint chez un couple mélomane
La pratique de la musique était familière de l’hôtel particulier des Grobet-Labadié : Marie Grobet-Labadié (1852-1944) était pianiste amateur, et son mari Louis Grobet (1851-1917) était violoniste professionnel.
On aurait pu penser que la thématique musicale occupe une place plus importante dans leur collection, pourtant elle n’y laisse pas une trace significative. D’un point de vue financier, les objets se rattachant à ce sujet représentent quelques 4 % de la valeur globale de la collection.
Pour autant, le thème n’est sans doute pas anodin, et l’on peut y trouver une approche sensible du personnage de Louis Grobet. Les objets disponibles permettent de préciser l’univers de ce couple de collectionneurs, mais d’évoquer aussi la vie mélomane marseillaise de l’époque.
Déroulement chronologique des acquisitions
De 1873 à 1896, les acquisitions sont très probablement le fait de Marie elle-même, et montrent un intérêt pour les instruments à cordes ainsi que pour la lutherie ancienne (voir GL 204).
En 1897, année de son mariage avec Louis Grobet, Marie Labadié acquiert un clavecin et une viole d’amour (GL 195).
De 1898 à 1903, les acquisitions sont plus éclectiques et s’inscrivent plus directement dans la pratique culturelle générale du couple de collectionneurs : des instruments à cordes (GL 200 , GL 201 , GL 190 ), à nouveau, mais aussi des flûtes et tambourins, ainsi que des manuscrits autographes.
Louis Grobet, violoniste de profession
Le jeune Louis avait manifesté très tôt des dons musicaux. En 1867, à 16 ans, il obtient le 1er prix de violon. Trois ans plus tard, en 1870, ses parents se décident à l’envoyer poursuivre ses études au conservatoire de Paris. Mais peu après la guerre éclate, et Louis Grobet revient à Marseille.
Il fait régulièrement de la musique de chambre. Dès 1872, il connaît aussi des succès comme soliste. Sa participation aux concerts est très fréquente jusqu’en 1880 puis se raréfie avant de s’arrêter complètement vers 1890, peut-être pour raison de santé.
De 1908 jusqu’à la guerre, les Grobet-Labadié organisent chez eux des soirées musicales chaque mercredi.
Ils disposent au dernier étage d’une vaste salle de musique, où, avec leurs amis, en trio, quatuor ou quintette, ils font de la musique de chambre. La guerre interrompt cette activité et Louis Grobet décédera avant la fin du conflit.
Des instruments de collection, des instruments à jouer
Certaines acquisitions en lutherie et objets pour le salon de musique sont présentes dans les Cahiers de Marie Grobet. D’autres instruments et objets sont inventoriés, mais ne sont pas répertoriés dans les achats des Cahiers. En effet, certains de ces objets étaient détenus par Louis Grobet avant son mariage.
Enfin, d’autres objets, acquis postérieurement, étaient des objets usuels, relevant de la profession de violoniste de Louis Grobet (archets, âmes, boîtes à instruments, etc.) et n’avaient pas donc vocation à être répertoriés dans le « catalogue des objets d’art » du couple.
Un intérêt marqué pour la musique
La sensibilité au thème musical est évidente, en même temps que le fonds ne témoigne pas d’une collecte systématique. Il s’agit plutôt d’acquisitions d’opportunité. La série des instruments, certains « joués », d’autres seulement présentés dans la salle de musique, témoigne d’une pratique de la musique romantique par les deux époux, et d’un intérêt de Marie pour les instruments anciens ainsi que pour la musique populaire.
Une série importante de portraits de musiciens figure également dans la collection des gravures et dessins du couple et fera l’objet d’un prochain focus.
- Retrouvez ci-dessous, les instruments et objets liés à la musique appartenant à la collection du couple Grobet-Labadié
Sources
COUTANCIER, Benoît, Une vie de collectionneuse : les Cahiers de Marie Grobet, Marseille, Musées de Marseille, 2019
LATOUR, Marielle, Introduction au Catalogue des dessins acquarelles du Musée Grobet-Labadié à Marseille, musée Grobet, tapuscrit, Marseille, vers 1973
voir aussi VIDAL, Antoine, La Lutherie et les luthiers, Paris, maison Quantin, 1889
et MATERNATI-BALDOUY, DANIELLE, Musée Grobet-Labadié / Marseille, Marseille, v. 1984
D’autres collections d’instruments de musique
La Cité de la musique, Philharmonie de Paris propose une base nationale des instruments de musique
La collection d'instruments de musique du Palais Lascaris, à Nice
Au Musée d’Art et d’Histoire de Genève (MAH) : La collection d’instruments de musique sous la loupe
Date de modification : 29 juin 2026