Les dessins d'orfèvrerie du musée Grobet-Labadié

Auguste, Robert Joseph, Pot à oille et son plateau, vers 1756-1770
Auguste, Robert Joseph, Pot à oille et son plateau, vers 1756-1770

N° d'inv GL 5704

Marie Grobet, collectionneuse

Alexandre Labadié (1814 - 1892), homme politique du XIXe siècle, fait édifier en 1873 un hôtel particulier qui est aujourd'hui connu comme étant le musée Grobet-Labadié. Sa fille, Marie Grobet (1852 - 1944), hérite de la collection personnelle que son père renfermait dans celui-ci, et se forme dans la profession de collectionneuse que son père avait tracé pour elle. Son mariage avec Bruno Vayson (1840 - 1896) en 1872 est le point de départ de la constitution d’un fonds exceptionnel. Tous les achats que la collectionneuse entreprend sont tenus dans ce qu'elle appelle Les Catalogues des objets d’Art. Ces Cahiers de Marie Grobet, au nombre de neuf, font office d’inventaires d’une collection enrichie avec passion et curiosité tout au long de sa vie. 

Le 23 mars 1886, à l’Hôtel des ventes de Châteauredon de Marseille, le couple acquiert un ensemble regroupant 682 dessins d’orfèvres des XVIIIe et XIXe siècles.

Le fonds d’atelier d'un orfèvre : près de 700 dessins

Issu du fonds d’atelier de Jean-Charles Cahier (1772 – 1849), orfèvre du roi, cet ensemble est de prime abord un témoignage de son travail. Mais cet ensemble contient aussi des études de différents orfèvres : Biennais, Roëttiers, Auguste. On y découvre des dessins pour des pièces à caractère civil, religieux, et de services de table des princes et rois. Les dessins relèvent des techniques traditionnelles : crayon, plume à encre, sanguine, lavis, gouache, etc. Les études renvoient aux créateurs des styles rocaille et néoclassique, et révèlent un faste que les orfèvres maitrisaient à la perfection. Elles participent à la connaissance de prestigieux objets pour la plupart disparus au gré des fontes.

Cahier, Jean-Charles, Bâton pastoral, 19e siècle, 1ère moitié
Cahier, Jean-Charles, Bâton pastoral, 19e siècle, 1ère moitié

n° d'inv GL 5728

Du XVIIIe au XIXe siècle, des orfèvres reconnus

Le fonds Cahier donne à voir les dessins de quatre orfèvres reconnus :

Jean-Charles Cahier (1772-1849) , orfèvre du roi dès le retour des Bourbons au pouvoir, en 1814, est spécialisé dans les objets religieux. Ses créations les plus significatives les objets de cultes créés pour Louis François de Rohan-Chabot, archevêque de Besançon de 1829 à 1833, avec qui il entretient des liens étroits par leur appartenance à la même association de piété. Cahier est également récompensé par une médaille d’or aux expositions des produits de l’industrie de 1819, 1823 et 1827, assurant sa prouesse artistique en tant qu’orfèvre.

Martin-Guillaume Biennais (1764-1843), tabletier de formation, est finalement attiré par l’orfèvrerie. Il devient fournisseur attitré de Napoléon 1er. Biennais est chargé par l'empereur de réaliser la couronne de laurier qu'il portera lors de son sacre. Il propose de plus des créations pour l’instauration de la Légion d’honneur et de l’ordre de la Couronne d’Italie pour satisfaire les besoins de l’empire.
Le fonds de son atelier est acheté par les Cahier en 1821.

Jacques Roëttiers (1707-1787), médailleur puis reçu maitre orfèvre en 1733, devient l’orfèvre du Roi en 1737. Il travaille sur des objets destinés aux architectures royales et au faste qui les accompagne. Associé à son fils Jacques-Nicolas en 1762, ils montent une entreprise d’orfèvrerie pour la royauté.

Robert-Joseph Auguste (1723-1806), nommé orfèvre du roi en 1775, débute son apprentissage chez la famille Roëttiers. Il confectionne des objets de table pour les familles royales de Russie, du Danemark, et d’Angleterre.

Le fonds Cahier ne se limite pas aux orfèvres cités, mais contient également les travaux d’orfèvres moins connus. On retrouve dans ces dessins d’anonymes des techniques et motifs souvent réutilisés. 

  • Ces dessins, conservés dans les réserves des musées de Marseille, sont aujourd’hui rendus accessible sur le portail Marius.

Bibliographie

BAVEREL, Chloé, Un trésor d’orfèvrerie de Jean-Charles Cahier, orfèvre du Roi, 2019.

BOUILHET, Henri, L’orfèvrerie française aux XVIIIe et XIXe siècles, Paris, H. Laurens éditeur, 1912.

CARLIER, Yves, “Sculpture et orfèvrerie à Paris au XVIII siècle : Jacques et Jacques-Nicolas Roëttiers”, Revue de l'Art, 1994, n°105, pp. 61-69. 

COUTANCIER, Benoît, Une vie de collectionneuse : les Cahiers de Marie Grobet, Marseille, Musées de Marseille, 2019.

DION-TENENBAUM, Anne, « Jean-Charles Cahier et l’orfèvrerie religieuse », dans colloque L’Orfèvrerie au XIXe siècle, Paris, Documentation française, 1994, p. 17-37. 

DION-TENENBAUM, Anne, La renaissance de l'émail sous la monarchie de Juillet, Bibliothèque de l'école des chartes, 2005, tome 163, livraison 1, pp. 145-164.

DION-TENENBAUM, Anne, “Martin Guillaume Biennais : une carrière exceptionnelle”, Annales historiques de la Révolution française, 340 | 2005, 47-55.

DION-TENENBAUM, Anne, Orfèvrerie française du XIXe siècle. La collection du musée du Louvre, Paris, Somogy Editions d’art/ Louvre éditions, 2011, p. 271-272.

MATERNATI-BALOUDY, Danielle, Aux origines d’un musée marseillais, la donation Marie Grobet, actes du 125e congrès des travaux historiques et scientifiques de Nice 1996, Paris, Éditions du CTHS, 1999. 

Biennais, Martin Guillaume, Coupe supportée par trois femmes vêtues à l'Antique, 19e siècle, 1ère moitié
Biennais, Martin Guillaume, Coupe supportée par trois femmes vêtues à l'Antique, 19e siècle, 1ère moitié

n° d'inv GL 5535

Date de modification : 22 avril 2026

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