Le monument aux héros de l'armée d'Orient et des terres lointaines
La construction d'un monument emblématique
Une œuvre de Gaston Castel et Antoine Sartorio.
Le monument aux héros de l'armée d'Orient et des terres lointaines contruit sur la Corniche à l'entrée de l'anse du vallon des Auffes à Marseille est l'œuvre de Gaston Castel et Antoine Sartorio. Cet album de photographies d'Henri Giraud (1892-1956) montre sa construction et son inauguration entre 1925 et 1927.
De la décision à l'inauguration
Ce monument très cher aux familles des soldats morts dans le détroit des Dardanelles et sur les fronts des Balkans durant la Première guerre mondiale, a été érigé par souscription nationale à l'initiative de la Fédération nationale des Poilus d'Orient. Une polémique avait retardé son érection, on pensait qu'un monument à la gloire des soldats inconnus d'Orient allait porter atteinte à l'unité commémorative contenue dans le monument au soldat inconnu érigé à Paris.
Finalement, les budgets étant votés à l'assemblée, la première pierre avait été posée par le président de la République Alexandre Millerand le 8 mai 1922 lors de sa visite de l'exposition coloniale, mais sur un emplacement que l'on a sans doute oublié aujourd'hui : au débouché de l'avenue du Prado au rond-point de la plage.
Quatre ans plus tard, les travaux démarrent à l'emplacement définitif, le monument est signé de noms prestigieux : Gaston Castel, architecte (1886-1971) et Antoine Sartorio, sculpteur (1885-1988). La fonderie parisienne Barbedienne, représentée à Marseille par Oreste Leboffe, est associée à l'entreprise vosgienne Segard pour la taille de pierre. Cette dernière aurait mobilisé 40 ouvriers pendant 4 ans, le granit utilisé venait de Corse par bateau. Il semble - d'après la presse et les dates inscrites sur les tirages - que les travaux se soient échelonnés d'août 1926 à avril 1927 pour aboutir à l'inauguration par Gaston Doumergue le 24 avril 1927. Le président de la République inaugure également, lors de son séjour à Marseille, l'escalier monumental de la gare Saint-Charles (54 Fi 35 et 36). Ce jour-là, Gustave Gouin, président de la Fédération nationale des Poilus d'Orient, fait la remise officielle du monument à la ville de Marseille en la personne du maire Siméon Flaissières.
Un album souvenir
L'album de photographies a été constitué par Marius Segard, granitier de Saulxure-sur-Moselotte dans les Vosges, qui a participé activement au chantier. La plupart des tirages de cet album sont signés Henri Giraud, photographe né à Monaco le 14 mai 1892, est installé au n° 20 rue des Trois-Mages à Marseille. Outre des vues de chantier où s'activent de nombreux ouvriers, on remarque plusieurs vues originales : la carrière de pierres (54 Fi 6), l'équipe des tailleurs de pierres (54 Fi 3), et celle des sculpteurs (54 Fi 25).
Date de modification : 24 mars 2026