Le Monument aux morts des Armées d'Orient

Les photographies de sa construction

vue du chantier du Monument aux morts des armées d'Orient, 1927
vue du chantier du Monument aux morts des armées d'Orient, 1927

Henri Giraud. 54 Fi 24

Une oeuvre de Gaston Castel et Antoine Sartorio.

Le "Monument national aux morts des Armées d'Orient et des terres lointaines" contruit sur la Corniche à l'entrée de l'anse du vallon des Auffes à Marseille est l'œuvre de Gaston Castel et Antoine Sartorio. Cet album de photographies d'Henri Giraud (1892-1956) montre sa construction et son inauguration entre 1925 et 1927. 

Carte postale du Monument aux Morts d'Orient en 1927
Carte postale du Monument aux Morts d'Orient en 1927

Henri Giraud. 54 Fi 1

De la décision à l'inauguration

Ce monument très cher aux familles des soldats morts dans le détroit des Dardanelles et sur les fronts des Balkans durant la Première guerre mondiale, a été érigé par souscription nationale à l'initiative de la Fédération nationale des Poilus d'Orient. Une polémique avait retardé son érection, on pensait qu'un monument à la gloire des soldats inconnus d'Orient allait porter atteinte à l'unité commémorative contenue dans le monument au soldat inconnu érigé à Paris.

Finalement, les budgets étant votés à l'Assemblée, la première pierre avait été posée par Alexandre Millerand le 8 mai 1922 – le président de la République était venu visiter l'exposition coloniale –, mais sur un emplacement que l'on a sans doute oublié aujourd'hui : au débouché de l'avenue du Prado au rond-point de la plage.

Quatre ans plus tard, les travaux démarrent à l'emplacement définitif et le monument est signé de noms prestigieux : Gaston Castel, architecte (1886-1971), Antoine Sartorio, sculpteur (1885-1988) et l'entreprise parisienne Barbedienne, représentée à Marseille par Oreste Leboffe. D'après la tradition orale de la famille Segard, l'entreprise vosgienne aurait mobilisé 40 ouvriers pendant 4 ans ; le granit utilisé venant de Corse par bateau. Il semble – d'après la presse et les dates inscrites sur les tirages-, que les travaux se soient échelonnés d'août 1926 à avril 1927 pour aboutir à l'inauguration par Gaston Doumergue le 24 avril 1927. Le président de la République inaugure également, lors de son séjour à Marseille, l'escalier monumental de la gare Saint-Charles (54 Fi 35 et 36). Ce jour-là, Gustave Gouin, président de la Fédération nationale des Poilus d'Orient, fait la remise officielle du monument à la ville de Marseille en la personne du maire Siméon Flaissières.

Un album souvenir

L'album de photographies a été constitué par Marius Segard, granitier de Saulxure-sur-Moselotte dans les Vosges, qui a participé activement au chantier. La plupart des tirages de cet album sont signés Henri Giraud, photographe né à Monaco le 14 mai 1892, est installé au n° 20 rue des Trois-Mages à Marseille. Outre des vues de chantier où s'activent de nombreux ouvriers, on remarque plusieurs vues originales : la carrière de pierres (54 Fi 6), l'équipe des tailleurs de pierres (54 Fi 3), et celle des sculpteurs (54 Fi 25).

Date de modification : 17 mars 2026

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